Les deux premières fois où j’ai abordé le sujet du TDAH avec des gens qui le sont, les deux personnes m’ont demandé si j’avais mon diagnostic. Je me suis senti comme si on me demandait mon passeport, mais j’ai compris pourquoi! Le diagnostic est une étape importante pour deux grandes raisons : Primo, il vient identifier de façon officielle, observée par un ou plusieurs professionnels, la ou les conditions qui s’attachent à la personne. Secundo, et plus officiellement disons, il permet l’accès à la médication, via son médecin ou un psychiatre, ainsi qu’aux différents services et programmes offerts.

L’auto-diagnostic : attention ce n’est pas une bonne idée

Avec Internet, il est facile de tomber dans le piège de l’auto-diagnostic. Il y a souvent de bons fondements dans ce que l’on y trouve, mais avec la neurodiversité, tout est un monde de subtilités. Il y a beaucoup de liens à faire entre les différentes conditions, et il y a autant de différences entre elles aussi. Répondre à un questionnaire sur Internet ne vous donnera pas un diagnostic. De toute façon, c’est toujours l’interprétation qui est la clé, et non le questionnaire. De plus, pouvons-nous réellement garantir à 100% d’être bien objectifs en regardant nos propres perceptions? 😉 Moi, non! C’est un peu pour cette raison aussi que le diagnostic officiel prend tout son sens!

Bref, selon moi, c’est OK de faire de la lecture et de se sensibiliser sur un sujet. Que ça génère un questionnement, une discussion c’est très bon. Après tout, il faut bien avoir une petite idée de ce que c’est avant d’entamer une démarche. Mais tout de suite après, je recommande de se tourner vers une personne-ressource : un neuropsychologue ou un psychologue qualifié dans ce domaine.

Dites-vous qu’avant mon diagnostic et d’écrire ces lignes, j’en ai lu des affaires « sur les Internets »… 😉

Diagnostic : oui ou non?

Donc on a lu un peu sur Internet, on en a jasé avec famille et amis, on pense qu’on l’est peut-être (TDAH? Asperger? À quelque part dans le spectre de l’autisme?). En fait, n’oublions pas que j’y allais au départ pour le TDAH. Le TSA+TDAH ça a été la réponse!

Est-ce que je dois me faire donner un diagnostic? Quand j’ai demandé conseil à ce sujet, ce qu’on m’a répondu m’a permis de me décider. C’est simple, posez-vous la question : est-ce que ça vient jouer sur ma qualité de vie, sur mon bonheur, dans mon quotidien?

Si la réponse est oui, ça peut valoir la peine d’entreprendre une démarche. C’est comme ça que je suis parti.

Pourquoi l’attestation?

Dans le pratico-pratique, un diagnostic au public, c’est plus d’un an d’attente. Au privé, ça peut varier entre 1300$ et 1600$ selon mes recherches. Et on dirait que les assurances privées ne couvrent pas ce genre de frais, du moins la mienne ne le faisait pas. Donc, avant de mettre ces sommes d’argent, ou d’accepter ce temps d’attente, il est important de se demander si une « attestation » est nécessaire, ou si on peut se débrouiller sans ça.

Si l’on croit que la médication est l’avenue à prendre, ou qu’elle fait partie de l’équation, effectivement on n’a pas le choix. Il faut soit être patient et attendre, ou payer le montant au privé. Une fois le diagnostic obtenu, on pourra obtenir de la médication via un psychiatre, ou notre médecin de famille.

L’autre cas pour lequel je crois que le diagnostic est nécessaire, c’est quand on ne sait pas trop à quoi on a affaire, et lorsque le thérapeute ne peut l’identifier hors de tout doute. Souvenez-vous dans mon premier billet, je me doutais bien pour le TDAH, et ma psychologue du moment me parlait d’hypersensibilité, mais ni elle ni moi n’avions l’Asperger en tête. C’est le diagnostic qui l’a identifié.

À l’inverse, si on n’a pas la médication en tête, qu’il n’y a pas d’effet négatif majeur dans nos vies, que l’on est prêt à travailler quelques inconforts, rien n’oblige au diagnostic. Si vous et le thérapeute avez la certitude que vous faites partie de la neurodiversité, on peut passer directement à une thérapie de type cognitivo- comportementale, par exemple. Il n’y a pas qu’un seul chemin pour y arriver; tout dépend de ce qu’on veut faire avec cela après.

Personnellement, j’ai décidé d’y aller avec le diagnostic parce que ça fait longtemps que je vis avec des inconforts. Je savais que j’étais TDAH, et je voulais avoir tous les choix possibles devant moi incluant la médication. Pour l’instant, je ne prends rien, et si vous me suivez depuis un p’tit bout vous savez sûrement que j’essaie de ne prendre aucune médication dans ma vie. Mais je n’écarte pas cette possibilité. On va parler médication un peu plus tard dans les billets, mais sachez qu’il n’y en a pas pour l’Asperger. C’est le volet TDAH qui peut être allégé par la médication.

En quoi ça consiste « un diagnostic »?

  • Il y a bien sûr une série de tests principalement sous forme de questionnaires. On part à la recherche des perceptions, les symptômes, indices, etc.
  • On va aussi étudier les relevés de notes scolaires de l’enfance et adolescence. N’oublions pas que par définition ce sont des « troubles du développement », et doivent donc avoir été remarqués en bas âge.
  • Il y a eu plusieurs sessions d’entrevues ayant comme objectif de creuser en fonction des observations, et des résultats aux questionnaires.
  • La participation de gens de l’entourage fait aussi partie des techniques utilisées pour ce genre de tests. Mon ex-conjointe était la meilleure personne, et elle a accepté de faire une session avec nous.
  • Dans mon cas, au total, on parle de 6 sessions entre 1h et 1h30 chaque.

Au final, On obtient une explication de la méthodologie, les observations, le diagnostic ainsi qu’une recommandation. Si je souhaite aussi aller vers une médication, il y avait recommandation aussi en fonction de l’évaluation qui venait d’être faite. J’avais tout en main pour passer à la prochaine étape : le plan de match.

Prochain billet : J’entre un peu plus dans mon expérience personnelle à moi du diagnostic.

Image : Crédits : Dorian ; Licence

Publié par Philippe Ouellette

Je suis Geek et fier de l'être. J'ai 15 ans d'expérience dans les technologies de l'information. Travaillant sur plusieurs plateformes, je suis expert utilisateur des solutions Microsoft dont SharePoint et Office365. Souvent premier à essayer de nouveau produits ou concepts, je fais partie des novateurs et j'aime à cultiver la créativité et l'innovation au quotidien. Je suis aussi un grand disciple d'un mode de vie santé. Je pratique activement le canicross, la course à pied, le vélo, le badminton et la randonnée pédestre.

2 commentaires

  1. […] ou des relations de cause à effet. On se souvient que les diagnostics (billets diagnostic : I , II ) sont souvent difficiles, car il s’agit d’une série de symptômes […]

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