Je suis un Aspie, et oui, c’est un terme qui existe. Ça vient d’« Asperger », bien entendu. Les adolescents sont des « ados »; les Asperger, des Aspies. Être adolescent n’est pas une maladie, c’est un état, ce n’est pas un ensemble de symptômes qui définit une condition, c’est plutôt un mode de vie, des réponses différentes aux stimuli et à l’environnement, etc. L’Asperger, c’est la même chose. La seule différence c’est que ça continue après 18 ans! 😉

Ce n’est pas une maladie

Avec l’intro de ce billet, je cherche à dire que l’Asperger n’est pas une maladie. Il n’y a pas de médication spécifique pour ça. Ce n’est pas un débalancement chimique ou une malformation; on est fait comme ça, notre cerveau ne travaille pas de la même façon. Les 2 hémisphères d’une personne Asperger n’interagissent pas comme ceux d’une personne neurotypique. En bref, il n’est pas connecté de la même façon que la majorité des gens.

Selon mes dernières lectures, et variant d’une source à l’autre, bien entendu ;-), c’est environ 1 personne sur 85 qui présente les caractéristiques de l’Asperger. Je ne suis pas donc pas seul. :-). Il semble que ça touche plus les garçons que les filles avec une proportion de 1 fille pour 4 à 8 garçons

Les origines en quelques lignes

Hans Asperger est le médecin allemand qui a donné son nom à ce qu’il décrit, en 1943, comme une psychopathie autistique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathie_autistique.

 Sous ce nom, il a identifié chez quatre jeunes garçons un modèle de comportement et d’aptitudes incluant « un manque d’empathie, une faible capacité à se faire des amis, une conversation unidirectionnelle, une forte préoccupation vers des intérêts spéciaux, et des mouvements maladroits ». Asperger les appelait ses « petits professeurs » à cause de leur capacité à parler de leur sujet favori avec beaucoup de détails.

<https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Asperger>

Ses recherches, et le sujet lui-même sont un peu mis de côté principalement à cause de la guerre. Son travail est repris plus sérieusement dans les années ’80 par Lorna Wing qui a beaucoup contribué à influencer le milieu. En 1994, Le syndrome d’Asperger apparaît dans la nouvelle version du répertoire des « troubles mentaux, le DSM-IV.

Pour ma part, je suis né dans le début des années 1970, donc il n’existait pas vraiment de documentation pour aider à comprendre ma situation.

Le trouble du spectre de l’autisme… hein?

Théoriquement, on ne devrait plus parler d’Asperger, mais de Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA); c’est une question de définition.

Pour comprendre, il faut savoir que le DSM est un le livre de référence, accepté par la majorité des spécialistes, qui définit les « troubles » de santé mentale. Avec le temps, et notre compréhension des choses, il y a eu plusieurs versions.

Le DSM-IV a été écrit en 1994, et définit le Syndrome d’Asperger. Dans la version de 2013, le DSM-V, le Syndrome d’Asperger a été remplacé par Trouble du Spectre de l’Autisme.

Pour aller plus loin sur le sujet, voici un article qui résume bien l’ensemble de mes lectures reliées aux changements de nom http://www.psychomedia.qc.ca/autisme/2012-12-04/dsm-5-syndrome-d-asperger-trouble-du-spectre-autistique

Ce que je comprends, c’est qu’on a mis dans une même famille plusieurs groupes de manifestations, ou symptômes, incluant ceux de l’Asperger, du TED (Trouble Envahissant du Développement), et de l’autisme de Kanner. On les a mis en relation avec la sévérité des manifestations, et le « niveau de fonctionnement » dans la société. C’est un peu ce qui définit le spectre de l’autisme.

  • À une extrémité on a l’autisme très prononcé qu’on dit « plus lourd ». On y retrouve, entre autres, l’autisme de Kanner, la forme « classique », avec ou sans déficience intellectuelle.
  • À l’autre extrémité, on a l’autisme de haut-niveau, l’Asperger, où « haut niveau » signifie que nous sommes hautement fonctionnels en société par rapport à l’autisme profond.

Voici deux images que je trouve très parlantes

 

Mais c’est quoi l’Asperger?

Encore une fois, selon une école de pensée ou une autre, on peut avoir des variations dans les définitions. J’en propose donc quelques-unes que je considère toutes bonnes et j’y mets la mienne :

Voici la mienne :

Le syndrome d’Asperger est une condition dans la grande famille de l’autisme qui, de par un fonctionnement du cerveau différent de la grande majorité des gens, entraine des défis quotidiens qui touchent les aspects suivants :

  • Troubles de la communication. Ex.: communication atypique, humour et sarcasme souvent difficile à déceler, difficulté à verbaliser une idée, trop de détails
  • Atteinte neurosensorielle comme l’hypersensibilité ou l’hyposensibilité, la perception limitée des émotions, le décalage émotionnel, l’intolérance à l’injustice etc..
  • Champs d’intérêts restreints où l’on s’intéresse à moins de choses mais on est très intense avec celles auxquelles on s’intéresse, et la difficulté de passer à un nouveau dossier tant que le premier n’est pas terminé, par exemple.
  • Difficulté de la socialisation : L’absence de filtres, les stéréotypies et les 3 premiers éléments cités 😉

Je n’ai mis que quelques exemples, pour qu’on se fasse une idée rapide, mais je vais mettre en ligne plusieurs billets pour détailler chacun des aspects qui influencent le mode de vie de l’Asperger.

Le premier livre que j’ai lu sur l’Asperger a écrit par une Aspie. C’était important pour moi de lire quelqu’un ayant la même condition. Pour une des premières fois de ma vie, je me suis senti compris. Que quelqu’un savait ce que je tente d’exprimer depuis tant d’années. Ce n’est pas technique, simplement expliqué. Bref, je le recommande autant pour l’Asperger que pour les proches.

Izquierdo Prindle, Tanya. Asperguide; guide du syndrome d’Asperger. 1ere édition. Éditions de la semaine. 176 pages

Conclusion

Pour en revenir à l’Asperger vs TSA, je vais être franc,  j’aime mieux dire que je suis un Aspie. Je préfère l’appellation Asperger. Le problème que j’ai avec la définition du TSA c’est le mot « trouble ». Que je sois dans le spectre autistique, ok, je n’ai pas de problème avec ça. Est-ce que je suis troublé? Je ne pense pas, je suis seulement différent.

Et je ne suis pas tout seul non plus. Être un « Aspie » me donne un peu plus l’impression d’appartenance à un groupe, une communauté qui partage les mêmes défis que moi. En tout cas, bien plus qu’avec l’étiquette TSA! Imaginons un instant si j’avais plutôt débuté mon billet de blogue avec «Je suis un troublé du spectre de l’autisme »…LOL Pas mal moins attirant, non?

 

 

Publié par Philippe Ouellette

Je suis Geek et fier de l'être. J'ai 15 ans d'expérience dans les technologies de l'information. Travaillant sur plusieurs plateformes, je suis expert utilisateur des solutions Microsoft dont SharePoint et Office365. Souvent premier à essayer de nouveau produits ou concepts, je fais partie des novateurs et j'aime à cultiver la créativité et l'innovation au quotidien. Je suis aussi un grand disciple d'un mode de vie santé. Je pratique activement le canicross, la course à pied, le vélo, le badminton et la randonnée pédestre.

3 commentaires

  1. Excellent billet!

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  2. Intéressant Phil, je ne savais pas vraiment c’était quoi avant de te lire, sauf peut-être en avoir entendu parler aux nouvelles un moment donné, si je me souviens bien le fils d’un personnalité connue qui avait des problèmes… Merci.

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